C'est une manœuvre discrète mais lourde de conséquences pour le MMA hexagonal. Sans tambour ni trompette, le fonds d'investissement SLAM contrôle désormais les deux plus grandes organisations françaises de la discipline. Une consolidation qui pourrait redessiner le paysage du MMA en Europe, et que presque aucun média n'a traitée en profondeur.
Deux organisations, un seul actionnaire
SLAM, géré par la société d'investissement Trail, a pris une participation majoritaire dans Hexagone MMA. Le fonds n'en était pas à son coup d'essai : dès 2024, il avait donné naissance au groupe AresMMA en rachetant l'ARES Fighting Championship, avec le soutien du combattant Ciryl Gane, entré au capital comme investisseur. C'est à cette occasion que Xavier Marin avait pris la présidence d'ARES, tandis que Fernand Lopez restait entraîneur à la MMA Factory.
Résultat de l'opération : ARES et Hexagone MMA Winamax appartiennent au même groupe. Attention toutefois, les deux ligues ne fusionnent pas. Elles continuent d'exister séparément, avec leurs propres cartes et leurs propres identités. Une logique de portefeuille, plus que d'absorption. Pour un aperçu concret de ce que produit l'écurie ARES, revoyez notre couverture de l'ARES 42 et de la razzia de Jordan Zébo.
L'ambition européenne de Xavier Marin
Le patron de Trail ne cache pas ses intentions. Fort de ce rapprochement, il estime que son groupe est désormais numéro un en France, et fixe le cap suivant : l'Europe, avec l'objectif d'en devenir le leader d'ici trois ans. La présence de Ciryl Gane, champion par intérim des poids lourds à l'UFC et visage le plus médiatique du MMA français, au capital du groupe, donne à cette ambition une vitrine de choix.
Ce que ça change pour le MMA français
Réunir sous un même toit les deux principales vitrines nationales, c'est mutualiser les moyens : partenariats médias, billetterie, détection des talents et passerelle vers les grandes ligues mondiales. C'est aussi se donner les moyens de rivaliser avec les références européennes du secteur, à l'image de l'usine à champions britannique Cage Warriors. Pour les combattants français, l'enjeu est double : plus de visibilité, mais aussi la question, déjà soulevée en coulisses, de leur pouvoir de négociation face à un acteur devenu dominant sur son marché.
Reste à transformer l'essai. Devenir le leader européen suppose de séduire au-delà des frontières, sur un continent où les organisations solides ne manquent pas. Le chantier ne fait que commencer.