Le 10 juillet, au Lumpinee Stadium de Bangkok, Joshua Pacio a endormi Mansur Malachiev par étranglement arrière à 4:23 du premier round, soit 37 secondes avant la cloche, mettant un terme sec à la « tournée de revanche » du Daghestanais. Deuxième défense de son troisième règne de champion strawweight de ONE, 24e victoire en 29 combats : l'occasion idéale de se pencher sur l'un des parcours les plus singuliers du MMA asiatique.
De Baguio au sommet du monde
Enfant de Baguio City, dans les montagnes du nord des Philippines, Pacio est un pur produit de la légendaire Team Lakay, l'école qui a converti le wushu en style de MMA reconnaissable entre mille. Le 22 septembre 2018, il détrône le Japonais Yoshitaka Naito et s'empare pour la première fois de la ceinture mondiale. Suivront des années de domination entrecoupées de chutes : deux fois il perd son titre, deux fois il le reconquiert.
Le pari de la rupture
En mars 2023, séisme aux Philippines : Pacio quitte la Team Lakay, dans la foulée d'Eduard Folayang et de Kevin Belingon. Avec ses anciens coéquipiers, il cofonde Lions Nation MMA. Les sceptiques sont nombreux, son grand rival Jarred Brooks en tête, qui critique publiquement la décision. Quitter la salle de toute une vie, en plein creux sportif : le pari est immense.
Un troisième règne plus autoritaire que jamais
La suite lui a donné raison. Redevenu champion, Pacio a ajouté à son jeu explosif un grappling de haut niveau : soumettre un lutteur daghestanais réputé difficile à étrangler, comme il vient de le faire avec Malachiev, en est la démonstration éclatante. Le finish lui a d'ailleurs valu un bonus de performance de 50 000 dollars. Son palmarès parle d'une longévité rarissime dans une division de jeunes loups.
Trois règnes, une rupture assumée, et une soif intacte : le visage du MMA philippin n'écrit plus seulement son histoire, il bâtit une dynastie.