Certains combattants portent un surnom lourd à assumer. Lui porte un nom : Ali. Samedi 18 juillet, sur les préliminaires du PFL Austin, Biaggio Ali Walsh, petit-fils de Muhammad Ali, affronte l'invaincu russe Gamid Khizriev. L'occasion de se pencher sur l'un des parcours les plus singuliers du MMA actuel.
Le poids du plus grand des noms
Fils de Rasheda Ali, l'une des filles du triple champion du monde des poids lourds, Biaggio a grandi à Las Vegas avec un héritage impossible à esquiver. Là où son frère Nico a choisi la boxe, lui a opté pour le MMA, un sport que son grand-père n'a jamais pratiqué mais qu'il a involontairement préfiguré lors du fameux Ali - Inoki de 1976. Le clin d'œil est savoureux : cinquante ans plus tard, un Ali évolue pour de bon dans les arts martiaux mixtes.
Du football américain à la cage
Rien ne le prédestinait aux sports de combat. Running back à Cal, puis à UNLV, il ne s'y est jamais imposé : neuf yards en tout et pour tout sur le circuit universitaire. Il quitte le football en 2020, passe par le mannequinat, puis pousse la porte de la salle Xtreme Couture de Las Vegas, où il s'entraîne sous la houlette d'Eric Nicksick.
Ses débuts amateurs, en juin 2022, tournent court : défaite par étranglement arrière au deuxième round. Il enchaîne ensuite six victoires, toutes par finition, dont cinq sous la bannière PFL. Il passe professionnel le 24 février 2024 à Riyad.
Son bilan chez les pros tient en cinq combats. KO de Brian Stapleton en 55 secondes en août 2024, puis victoire expéditive en 46 secondes sur Dashiande Harris-Moore en avril dernier au PFL Chicago, dans un combat ramené à un catchweight de 159 livres après l'échec à la pesée de son adversaire. Un détail en dit long sur le combattant : ce KO est venu d'un coup au corps, au plexus, pas d'une main lourde. Le petit-fils du plus grand boxeur de l'histoire finit au travail au corps.
Sa seule défaite, en juin 2025 face à Ronnie Gibbs, a rappelé le chantier classique de tout frappeur : le sol. Il menait pourtant, ayant envoyé son adversaire au tapis au premier round, avant de céder sur un étranglement bras-tête au deuxième. C'était au Wintrust Arena de Chicago, là même où il est revenu se racheter dix mois plus tard.
Khizriev, le test le plus relevé
Samedi, la marche s'élève encore. Gamid Khizriev (4-0), originaire du Daghestan et frère cadet du combattant de l'UFC Aliaskhab Khizriev, effectue à la fois ses débuts américains et ses débuts à la PFL, avec la ferme intention de se faire un nom. Et quoi de mieux, pour cela, que celui d'Ali ?
Pour Biaggio, 27 ans, l'heure est venue de prouver que son ascension chez les poids légers repose sur autre chose que son arbre généalogique.
« Float like a butterfly, sting like a bee » : la formule du grand-père colle étonnamment bien au petit-fils, léger sur ses appuis et finisseur foudroyant. Reste à écrire ses propres lettres de noblesse. Cela commence samedi soir au Texas.